Essai routier Mustang 2012

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Puissance brute, simplicité rafraîchissante

La différence se fait sentir sous le capot. C'est là qu'on trouve 412 chevaux bruts qui en mettront plein les oreilles à ceux qui veulent bien les écouter. Ni silencieuse, ni docile, cette Mustang se veut plutôt une monture immensément gratifiante pour l'acheteur nostalgique qui a soif de performances.

Plaisir contemporain à saveur rétro
La dernière génération de la Mustang constitue, à mon humble avis, un superbe exercice de modernité rétro. Le véhicule incarne vraiment l'esprit et la fébrilité de l'époque du muscle car, une époque dont plusieurs se souviennent avec affection? comme moi, par exemple!

Même si je n'ai eu mon permis qu'en 1974, mes grands frères m'ont initié à ces machines, eux qui conduisaient des classiques de la trempe des Dodge Challenger R/T 1970 et Plymouth Satellite 1966. Ces deux carrosses Mopar étaient animés par un V8 de 383 pouces carrés de Chrysler épaulé par des boîtes manuelles à quatre vitesses, la Challenger se pavanant avec le fameux levier en forme de poignée de pistolet.

Je vous raconte ces souvenirs afin de préparer le terrain pour l'essai de la Mustang GT Décapotable 2012, une superbe interprétation de tout ce qu'avaient de spécial ces premiers muscle car. La constellation de coussins gonflables, l'éventail de dispositifs de sécurité/stabilité modernes, le système de navigation contemporain et les autres gadgets n'ont pas réussi à tarauder l'esprit nostalgique de mon modèle d'essai.

Outre le discret système SYNC de Ford, la décapotable à toit souple que j'ai conduite cette semaine a comblé mes désirs avec simplicité, grâce notamment à ses molettes commandant la radio et le climatiseur. La présence de commandes traditionnelles et d'une instrumentation complète était rafraîchissante, et honnêtement, je ne voudrais pas voir autre chose dans ce genre de machine.

Et je ne changerais rien sous le capot non plus.

5,0 litres de pur plaisir
Le V8 de 5,0 litres à 32 soupapes de la GT déploie ses 412 chevaux à 6 500 tours. Cette énorme cavalerie est assortie de 390 pi-lb de couple à 4 250 tours, pris en charge par une boîte manuelle ou automatique à six rapports. Manuelle dans mon cas, merci.

La puissance avait grimpé à 412 ch pour 2011, donc ce monstre mécanique entame 2012 inchangé, c'est-à-dire avec beaucoup de punch et les effets sonores appropriés. Qu'on se le dise : la Mustang GT n'est pas discrète.

Si la robe Bleu éclatant ne vous en met pas plein la vue, l'échappement double le fera sûrement. Ford n'est pas tombé sur la sonorité enivrante de la Mustang GT au hasard, mais à coup de recherches et d'expérimentation. Ce sont ce grondement et ce gazouillement de V8 distinctifs qui en font une machine si grisante, surtout quand on abaisse le toit pour profiter de la cacophonie dans toute sa splendeur.

Évidemment, les promesses ne suffisent pas : il faut savoir livrer la marchandise? et la GT la livre! Elle met une énorme et féroce beurrée de puissance à notre portée, surtout lorsque le gros 8 franchit les 4 000 tours en sa fulgurante montée vers la ligne rouge à 7 000 r/min.

La courte course du levier optionnel coiffé d'une bille de pool bleu acier rehausse l'expérience. Les vrais mordus automobiles peuvent difficilement en demander plus. Aucune palette au volant, aucun double embrayage pour des changements de rapports à vitesse de l'éclair; aucune correspondance du régime en rétrogradant, aucun des derniers gadgets technologiques qui réduisent le rôle du conducteur.

Ce que le conducteur ne contrôle pas? Les réglages de la suspension. Contrairement à certaines sportives, la Mustang GT n'offre pas au conducteur la possibilité de jouer avec l'ajustement de la suspension. On doit se contenter de ce que Ford propose? ce qui n'est pas forcément décevant, au contraire.

Virages bien maîtrisés, travail raisonnable de la suspension
Certains ont critiqué l'absence d'une suspension arrière indépendante, et « oui » une telle configuration peut s'avérer supérieure à l'essieu rigide de la Mustang. Or, en réalité, cette architecture se montre hautement efficace et conviviale.

Mon modèle d'essai n'avait pas de misère à rester bien planté et garder son sang-froid lors de man?uvres agressives sur les surfaces lisses. Elle n'aurait peut-être pas fait aussi bien sur du bitume moins beau, mais l'agilité et les prouesses de ma machine m'ont tout de même impressionné. J'ai également bien apprécié le travail de sa suspension, peu importe l'état de la route.

Mes sorties au quotidien ne m'ont pas laissé avec l'envie d'aller chez le chiro, et on ne peut pas en dire autant de certains modèles performants. Bref, je ne voulais pas la ramener chez le concessionnaire.

Le mot de la fin
Cette voiture touche une corde sensible loin au fond de mon être, me donnant envie d'aller chercher une pinte de lait à onze heures le soir simplement pour savourer sa simplicité et ses performances brutes. Au fil des ans, mon garage a accueilli des machines dispendieuses, mais aucune d'entre elles n'a évoqué l'ombre de la passion de la Mustang GT Décapotable 2012.

Et je n'étais pas seul. Mes voisins et autres semblables, dont ma femme qui dédaigne les « voitures haute performance », me priaient pour une balade au coucher du soleil, les cheveux au vent. Ce genre de réaction m'indique que Ford a fait mouche avec la Mustang, malgré ce que certains détracteurs coincés disent de sa suspension.

L'adieu fut réellement pénible. Le temps magnifique à Vancouver cette semaine n'a calmé en rien mon angoisse de séparation.

Par Rob Rothwell
mardi, 26 juillet 2011