Essai routier Ford Explorer

Communiquez avec nous

Transformation totale, cette année, pour l'Explorer, qui passe d'une carrosserie boulonnée sur un châssis à une structure monocoque et troque ses roues motrices arrière pour des roues motrices avant. En fait, l'Explorer repose désormais sur la plateforme modifiée du Flex. Au chapitre des dimensions, la nouvelle génération diminue son empattement (- 2,8 cm) et sa hauteur (- 6,1 cm), mais elle augmente sa longueur (+ 9,4 cm) et sa largeur (+ 13,2 cm). Naturellement, la cylindrée des moteurs diminue : celle du V6 est désormais de 3,5 litres, au lieu de 4,0 litres, alors que le V8 disparaît pour faire place à un quatre cylindres EcoBoost de 2,0 litres. Toutes les versions sont offertes à deux ou quatre roues motrices, sauf le quatre cylindres, qui ne peut être jumelé au système 4X4.

Verdict de CAA-Québec

Le nouvel Explorer est un véhicule moderne, spacieux, à la finition bien exécutée, au comportement routier fort satisfaisant et surtout à la consommation de carburant plus raisonnable. Ces qualités, en plus de la possibilité d'opter pour une version à deux roues motrices avant avec le quatre cylindres ou le V6, devraient permettre à la nouvelle génération de demeurer populaire. D'ailleurs, les consommateurs d'aujourd'hui préfèrent un véhicule plus civilisé, et c'est justement le cas du nouvel Explorer. Les personnes de grande taille ou costaudes devront toutefois faire un bon essai routier pour s'assurer d'être confortables dans ce véhicule sur de longs trajets.

Carrosserie, habitacle et espace de chargement

L'accès est plus ou moins facile, parce que le véhicule est haut et que les seuils de porte sont larges et salissants. Pour les personnes de grande taille ou un peu costaudes, les sièges avant, munis d'un coussin court et étroit, seront d'un confort douteux. D'ailleurs, ces petits sièges ont l'air perdus dans le large habitacle, où il y a beaucoup d'espace entre eux et la porte. La colonne de direction inclinable et télescopique permet au conducteur de bénéficier d'une bonne position de conduite, qui serait cependant meilleure s'il pouvait étirer sa jambe gauche au complet. Même les pédales réglables - que l'on peut incidemment ajuster avec le véhicule en marche, ce qui n'est pas sécuritaire - ne permettent pas de dégager suffisamment d'espace pour le pied gauche.

En grimpant à l'arrière, il faut prendre garde de se salir sur les tours d'ailes. La première banquette est confortable pour deux adultes, qui peuvent incliner à plusieurs angles différents le dossier 60/40. Une fois rabattu, ce dernier forme un plancher presque plat. Le dégagement est bon pour la tête et les jambes. La dernière banquette convient pour des enfants.

La capacité de chargement est limitée avec la dernière banquette en place puisqu'on ne dispose que de 45 cm. Par contre, le réceptacle assez profond destiné à accueillir la banquette peut alors servir d'espace de rangement supplémentaire.. Avec la banquette dans son réceptacle, on compte 125 cm derrière le dossier de la première banquette et 200 cm derrière les sièges avant reculés au maximum. La largeur est de 101 cm, tandis que la hauteur atteint 78 cm. Le hayon ouvre grand.

Finition et commodités

Dans l'habitacle, les matériaux sont de belle qualité et la finition, très bien exécutée. L'insonorisation est efficace, sauf pour les bruits de route. On trouve plusieurs espaces de rangement, dont une spacieuse console centrale.

Les instruments et les commandes sont bien disposés et le soir, tout est éclairé, y compris - élément longtemps attendu pour un produit Ford - le coffre à gants. Le système «MyFord Touch» permet de régler plusieurs commandes à l'aide d'un écran tactile. Les touches de certaines commandes, un peu petites, sont difficiles à activer pour qui porte des gants. Pour manipuler ce système, le conducteur doit souvent quitter la route des yeux, ce qui n'est pas souhaitable. De même, il faut passer par l'ordinateur de bord pour désactiver les systèmes d'antipatinage et d'antidérapage, alors qu'une simple commande sur le tableau de bord suffirait. Le climatiseur et le système de chauffage se montrent efficaces, mais il faut passer par le système «MyFord Touch» pour effectuer certains réglages.

Aucun point d'ancrage ne permet d'installer un filet vertical et le couvre-bagages ne fait pas partie de l'équipement de série. Le conducteur ne dispose d'aucune poignée de maintien au-dessus de sa porte. Curieusement, les trois versions n'ont pas droit au même nombre de couleurs pour la carrosserie : cinq pour la version de base, dix pour la XLT et neuf pour la Limited.

Moteur et boîte de vitesses

Le V6 de 3,5 litres développe 290 chevaux et 255 livres de couple. Il a droit à la double distribution variable indépendante, qui doit lui permettre de concilier économie d'essence et bonne puissance. Cela se traduit par des accélérations et des reprises assez vives. Ce moteur, bien adapté, démontre une consommation assez raisonnable, soit 13,1 litres pendant l'essai, pour un véhicule qui pèse tout de même 2 129 kg en version 4X4. La capacité de remorquage de 2 268 kg concède environ 600 kg à celle de l'ancien Explorer.

La boîte automatique à six vitesses fonctionne toujours avec beaucoup de douceur et ses rapports sont bien étagés. On peut partir en deuxième vitesse, mais il faut déverrouiller le levier de vitesses pour passer du D au N, ce qui n'est pas facile à faire en situation d'urgence.

Le système de quatre roues motrices transmet du couple aux roues arrière lors de l'accélération à partir d'un départ arrêté. Le conducteur peut choisir entre quatre modes différents : normal, neige, sable, boue. Avec les deux derniers modes, le système permet aux roues de patiner pour que le véhicule avance même sur ces surfaces moins stables. Par ailleurs, on note la présence d'un système de contrôle en descente. Tous ces systèmes se montrent efficaces.

Comportement routier

La suspension indépendante aux quatre roues procure une très belle douceur de roulement sur tous les types de pavé, et ce, grâce à un très beau mélange de souplesse et de fermeté. On note quelques réactions fermes sur certaines inégalités, mais sans plus. En plus d'avoir droit à une bonne tenue de route, on a l'impression de rouler dans un véhicule solide.

La direction à assistance électrique est bien calibrée, stable, précise et assez rapide. Elle transmet un peu de sensations de la route, ce qui n'est pas toujours le cas avec ce type de direction. Le rayon de braquage est court et contribue à la maniabilité de cet imposant véhicule. Les freins sont puissants et résistent bien à l'évanouissement.

Inspection

Dans un centre technique de CAA-Québec, nous avons constaté que le nouvel Explorer repose sur une plateforme assez robuste, mais malheureusement dépourvue d'antirouille. Dans le compartiment moteur, le réservoir d'expansion du radiateur et celui de lave-glace sont côte à côte, ce qui peut engendrer une confusion coûteuse. La gaine en plastique qui recouvre les canalisations d'essence et des freins peut favoriser l'accumulation de saleté et d'humidité. La valve de ventilation du différentiel arrière est placée sur le différentiel lui même, au lieu d'être au bout d'un tuyau juché haut, ce qui la rend vulnérable à l'immersion dans l'eau, par exemple si le véhicule doit reculer sur une rampe d'accès pour mettre un bateau à l'eau. La conception du frein d'urgence nous fait craindre qu'il fige assez rapidement. C'est une chaîne qui entraîne les arbres à cames du V6.

source caa quebec